Voyageurs mais pas figurants !

Sud lipez à vélo : autonomie, aventure, émerveillement !

Notre traversée du Sud lipez en juin 2016 de San Pedro de Atacama jusqu’à La Paz : voici le récit de notre parcours le plus difficile, le plus merveilleux et le plus émouvant qu’il nous fut donné de sillonner !

Ce parcours était aussi un défi lancé par mon frère Élie : le faire en 4*4 en passant par la même agence que lui 4 ans plus tôt ! Nous n’avons donc pas retrouvé son guide Idel, mais avons bien parcouru seuls ce qu’il pensait impossible à rouler. Il nous aura fallu 17 jours pour arpenter ce que les tout-terrain réalisent en 4. Défi à moitié validé ? Élie nous laisse une alternative plus aérienne pour nous rattraper…

Jour 1 : Le contexte nous intimide sans nous faire reculer

Grand départ ce matin. Que de retournements depuis Santiago ! Nous quittons le Chili pour traverser les pistes boliviennes aussi réputées pour leurs beautés que leurs difficultés. Le Sud Lipez : LA route mythique des cyclos en Amérique du sud. Challenge.

Nous partons tard après le passage à la douane située dans le village touristique de San Pedro de Atacama. Il est déjà 9h.

Nous sommes fébriles et excités. La préparation de ce trip s’est faite dans la hâte. Il faut dire que nous n’avons pas tellement eu le choix. Nos mésaventures pour quitter le Chili n’ont pas entamé notre mental en acier pour traverser cette contrée légendaire.

Les 4 quarts de la réussite

La réussite d’une aventure en voyage nature tient à de multiples facteurs. Une infinité pourrait-on dire. Pour schématiser, focalisons-nous sur les quatre quarts de la réussite.

Le matériel

Rien n’est parfait mais tout est bon quand même. Nous possédons de l’équipement de qualité qui nous protège des éléments si rudes ici. Nous avons de quoi dormir, manger, se soigner, pédaler, réparer. Nous pouvons faire confiance à la plupart des items embarqués. La modification récente des vélos en semi-backpacking artisanal à l’avant ajoute de l’incertitude mais globalement peu de soucis à se faire de ce côté là.

L’expérience

Impossible de booster artificiellement ce facteur pourtant bien important. Sans être des professionnels de l’aventure, nous n’en sommes pas à notre premier voyage nature en autonomie, et vivons en itinérance depuis désormais sept mois. Nous connaissons nos besoins quotidiens en eau, en nourriture et en gaz. Nous nous connaissons bien l’un l’autre avec Noémie. Chacun sait ce qu’il a à faire. Nous connaissons parfaitement l’utilisation de notre matériel maintenant. Ses limites, la prudence requise pour l’utiliser. Loin d’avoir le sentiment de s’engager dans l’inconnu total, un univers dangereux où l’on risque de laisser sa peau, nous partons confiants, prudents, et conscients des difficultés à venir, sans anxiété inutile.

La préparation du parcours

Là encore nous n’avons pas laissé les choses au hasard. Nous avons décrypté la bible du sud Lipez à vélo, un mini-guide réalisé par nos prédécesseurs en 2009, véritable mine d’or décrivant avec précision la trace, les bivouacs potentiels,et les points de ravitaillements en eau et en nourriture. La trace GPS, créée point par point est téléchargée sur notre Garmin. Au cas où l’électronique nous ferait défaut en chemin, les nombreuses notes de lecture à partir de données satellite nous aiguilleront. Je n’ai jamais pu faire totalement confiance à ces joujous technologiques. Nous savons ce qui nous attend et je me surprends même la veille du départ à réciter par cœur notre parcours !

La condition physique

On n’a rien sans rien. On a beau préparer autant qu’on peut, le protagoniste principal, c’est nous. Et si le corps ne suit pas, l’exploit sportif ne sera pas réalisé. Et c’est là où le bât blesse. Certes nous avons appris à rouler depuis le début du voyage, mais les six semaines de pause à Santiago, sans sport, nous ont sérieusement ramollis. Le franchissement des cols en altitude prévus pour s’oxygéner fut annulé par leur fermeture soudaine suite aux dernières chutes de neige. On s’engage ainsi bien en dessous de notre potentiel. Le challenge s’entame à froid.

J’ai en mémoire l’expérience de mon ami Charlie, qui se sentant l’esprit d’aventure lors d’un voyage en Argentine, s’était lancé dans un trek en cumulant tous les facteurs de risques. Inexpérimenté, il part seul en montagne sur des sentiers mal balisés, et sans matériel adéquat. Il n’a pas de vêtements chauds, pas assez de nourriture, une tente achetée en dernière minute en supermarché non testée et, surprise, dépourvue de double-toit. Il se perd, s’obstine à avancer, prend des risques inconsidérés jusqu’à finalement rebrousser chemin après des jours sans manger, et rentre au bercail dans un état d’épuisement avancé et médicalement inquiétant. Mon ami ne doit sa survie qu’à ses capacités physiques. Il a compensé par sa résistance les trois autres quarts de la réussite : expérience, matériel, préparation. Nous sommes donc en disposition inverse.

Sud lipez

Le vélo de nono a perdu ses sacoches avant et guidon au profit de sacs étanches suspendus au guidon

Le Sud lipez en trois mots

Le Sud lipez, ce sont vingt jours de vélos sur pistes, à haute altitude, en autonomie quasi totale, des ravitaillements en eau parfois tous les deux jours, un vent qui égale celui de Patagonie, un soleil qui frappe le jour de ses puissants UV, et des nuits à -15°C en ce début d’hiver. Nous partons chargés comme des bourricots, les sacoches remplies de vivres pour dix jours, jusqu’à San Juan de Rosario, où nous savons pouvoir acheter des aliments de base. Nos repas se résumeront à de l’avoine, des fruits secs et des graines la matin et le midi, plus un féculent le soir.

Début fastidieux

Le départ est tardif suite au passage à la douane où le brigadier tente fastidieusement de déchiffrer notre visa expiré, l’avertissement écrit, le sauf-conduit du gouverneur. Nous partons enfin et dix km à peine roulés Noémie crève encore ! Il restait un de ces patchs autocollants que j’ai eu la bêtise d’acheter avant le départ, et qui ne valent pas un clou. Noémie déjà anxieuse (mais pleine de courage) en s’engageant sur ce parcours, décompresse et éclate, moitié de peur moitié de rage. L’incident est vite réglé mais la côte qui nous attend nous ralentit plus que nous le pensions. 43 km séparent San Pedro de Atacama de la bifurcation qui aboutit à la frontière bolivienne. 43 km grimpant de 2400m à 4600 m d’altitude. Dès le départ c’est dur et ça fait mal. 5 km/h alors que nous sommes à plat sur du bitume ! Pire, nous ne sommes pas acclimatés à l’altitude et passés 3000 m notre cœur s’affole terriblement ! Tous les 500 mètres, une pause s’impose. Allongés sur la route nous tentons de reprendre notre souffle. On ne mange pas tant notre corps est sursollicité par l’effort ; c’est aussi un signe précurseur du mal aigu des montagnes. La tranche de pain ingurgitée nous donne à tous deux la nausée. Je ressens des vertiges et le besoin impérieux de m’arrêter sous peine de malaise vagal. J’ai une pensée pour mes amis de fac en STAPS et l’entraînement du 10 * 100 mètres en athlétisme où il y en avait toujours un pour vider son p’tit déj tant l’effort était intense. Une autre pensée pour nos amis cyclos Mélanie et Vincent qui nous devançaient et nous prévenaient :

Partez affûtés pour le sud Lipez, ce n’est pas que du plaisir.

Dans les moments difficiles on pense à ceux qu’on aime…

Pour se motiver en ce premier jour nous en sommes réduits à nous fixer pour objectif le panneau de signalisation suivant. Comme toujours il annonce attention, pente raide. Merci pour l’info. L’heure tourne et la nuit tombe à 18h30. Nous n’arriverons pas à la frontière ce soir. Encore moins au refuge où l’on peut faire le plein d’eau. Nous avons presque écumé nos deux litres respectifs et nous voilà maintenant en bien mauvaise posture, et ce dès le premier jour ! Ça promet. L’air très sec d’altitude doublé d’un soleil souverain assoiffent nos bouches et décharnent nos muqueuses. Gerçures et epistaxis entrent en jeu rapidement.

Pris par le temps nous montons la tente au bord de la route, collés à l’évacuation d’eau asséchée pour s’abriter du vent. Le rempart de pierre construit, c’est tout habillé que nous nous glissons dans nos sacs de couchage. Noémie s’endort sans manger alors que j’écris ces mots. Épuisés, vertigineux, faibles cognitivement. Nous ne sommes qu’à 4000 m d’altitude mais l’effort brutal sans acclimatation aucune nous a bousculés. Nous ravitaillons notre eau en stoppant un chauffeur poids lourd. Bienveillant il insiste pour nous offrir deux litres de lait. La polenta et l’avoine n’en seront que meilleurs. Nous allons devoir rationner les repas, calculés avec précision, pour rattraper ce jour supplémentaire. En espérant que cela aille mieux pour la suite.

Sud lipez

Campement magique devant le volcan Licancabur

À trois heures du matin des bruits de pas qui claquent sur le bitume me réveillent. Un homme court à 4000 mètres d’altitude en direction de San Pedro de Atacama ! Effrayé je sors et attache les vélos par réflexe. Après réflexion je me souviens que nous campons juste au-delà de la zone de couverture téléphonique. En cas d’accident en amont, il faut redescendre jusqu’ici pour appeler de l’aide. En effet l’homme s’arrête 200m en aval et dégaine, haletant, son portable. Moi qui ai le sommeil plombé d’ordinaire, mon système d’alerte et de vigilance s’est réactivé.

Jour 2 : Entrée en Bolivie et début de la piste

Réveil tardif. La journée d’hier nous a abattus. La cœur bat toujours bien vite, mais j’ai confiance en nos capacités d’adaptation. Nous avons sans aucun doute surestimé nos forces, et cela nous coûte une journée. Heureusement pour le rationnement, nous avons très peu faim, aussi ne nous mettons-nous pas en danger pour la suite. Ce matin nous trouvons notre souffle mais l’allure est toujours faible : 3,5 km/h de moyenne. À chaque pause tous les 300 à 500 mètres nous nous étalons sur la chaussée pour reprendre haleine. Arrivés à la bifurcation la première piste nous accueille pour le poste frontière bolivien. Ça me fait quelque chose d’entrer dans un nouveau pays après sept mois au Chili et en Argentine. Passeports tamponnés, la piste descend toujours vers le refuge de la lagune blanche, où nous pouvons remplir nos bidons. Il fait grand beau mais le vent est déjà de la partie et ne plaisante pas. Nous longeons le Sairecabur, « la montagne de la pluie », le grand frère du volcan Licancabur, dont la pente nord plus douce se parsème de graminées couleur d’or. Les premières vigognes montrent le bout de leur nez et s’écartent prudemment de nous, galopant sous les nuages lenticulaires. Et déjà apparait Laguna Blanca, où nous prenons notre ration d’avoine quotidienne.

Notre tente est posée dans une ruine au pied d’un volcan de 6000 m. Devant, la lagune blanche est recouverte d’une fine pellicule glacée. Le sable, la roche, les étoiles scintillantes. Le premier refuge est derrière nous à 10 km, de l’autre côté du lac, mais déjà on se sent seul au monde. Le froid est saisissant. Dans nos sacs de couchage, nous nous allongeons entièrement vêtus : chaussettes, caleçon long, t-shirt le plus chaud, polaire, doudoune, buff et bonnet s’amoncellent sous les plumes du sac de couchage. Nous les jumellons et nous collons l’un à l’autre en cuillère. La position réchauffe et réconforte. Avant de fermer les yeux je lance une boutade à Noémie.

Si on entend quelqu’un courir devant la tente cette nuit, je paie ma bouteille de champ’ !

Hier en montant nous retrouvions le semi-remorque en panne, dont le chauffeur nous avait surpris en dévalant la pente à 3h du matin . La situation s’était entendue après coup mais nous avait sacrément fichu la frousse. Cette fois cela ne risque pas d’arriver. À minuit je suis réveillé en sursaut par Noémie :

J’ai entendu un bruit.

Un instant plus tard les petits pas sautillants se font entendre derrière la tente. Peu de doute : c’est un renard ! À la cadence des déplacements agiles sur le sable, l’identité du rôdeur est dévoilée. Il a flairé notre polenta. Nous le chassons à grand renfort de grognements rauques pleins de testostérone, mais le rusé revient à la charge par l’odeur alléché. La nuit va être longue… J’apprends patiemment à dissocier le pas feutré de l’omnivore  de celui du vent qui balaie le sable, fait crisser la tente et exacerbe mon imagination déjà fertile. Mon cerveau paramétré, je m’endors paisiblement. Noémie vient de gagner une bouteille de champagne.

 

Jour 3 : Des ruines de Laguna Blanca aux thermes de Los Polques

Le réveil est rude. Glacial. Il fait bien trop froid à 5h du matin pour s’activer comme on en a l’habitude. On inverse le planning : p’tit déj d’abord, packetage ensuite. On peine à se réchauffer et alors qu’à 7h du matin il fait jour nous sommes loin d’être prêts. Nous partons finalement à 8h sur une piste en très bon état. La pente se raidit après 10 km mais dans l’ensemble les conditions sont excellentes: : la piste est tassée, il fait grand bleu, et le vent nord-ouest tourne enfin sous sa dominante sud-ouest à 10h, quand nous entamons la côte. Ce petit vent dans le dos sur le sud Lipez est une bénédiction. On se sent légers. On ne se rend pas compte à quel point il soulage notre effort et pourtant, nous savons combien il est dur de lui faire face. Après 4000 km en Patagonie à subir le vent de nord-ouest, je prends ça comme une récompense et nous filons heureux, dévalant le désert de Dali. Les roches volcaniques levées sur la pente de sable donnent une atmosphère surréaliste, liant les gris, l’ocre et le rouge ferreux des falaises au ciel azur habillé d’un immense nuage lenticulaire sans bord.

Sud lipez

Désert de Dali sous un immense nuage lenticulaire

Nous arrivons à Los Polques, hameau au bord de la Laguna Chalviri, qui doit son existence à la résurgence géothermique transformée en thermes pour les touristes. Nous retrouvons la vingtaine de 4*4 et leurs occupants faisant trempette dans l’eau à 40°C. Clemente (prononcez Clémenté), septuagénaire gardant l’entrée des toilettes, vient à notre rencontre. Il est intrigué par nos vélos et nous pose cent questions. Éreintés par notre journée nous rêvons de nous mettre au chaud et de nous reposer.

Nous avons entendu qu’il est possible de récupérer les restes de la nourriture prévue pour les touristes.

Attendez qu’ils soient tous partis.

Une heure plus tard nous sommes invités à entrer. Un plat de légumes cuits, chou-fleur, carotte, oignons, pomme de terre, haricot, tomates, s’offre à nous. Nous sommes ravis et dévorons sans tarder. À mi-chemin de notre festin la cuisinière revient les mains pleines de deux assiettes de riz, de crudités surmontées d’un œuf au plat. Tout en mangeant on ne peut retenir un fou-rire. De décontraction. De soulagement. Du bonheur de recevoir ce geste si réconfortant que tout homme connaît : sustenter sa faim. Nous avons emmené de quoi manger cinq petits déjeuners, neuf déjeuners et cinq dîners. Le reste nous devrons le trouver comme aujourd’hui dans les refuges.

En attendant de demander où dormir nous allons profiter des thermes, en compagnie de Clemente et de la cuisinière. Royal. Il fait 5°C dehors en plein soleil sans prendre en compte le vent, et l’eau est brûlante à souhait. Bain japonais. L’eau est parait-il miraculeuse, tout au moins riche en sels minéraux. Et en soufre, mes poumons en font les frais. La piscine à débordement, sans prétention, ouvre sur un panorama à couper le souffle : le salar, la lagune, les volcans, les vigognes. La tête m’en tourne. Nous dormirons dans la salle de restaurant, à condition d’être partis à 6h, avant l’arrivée des premiers touristes.

Jour 4 : Une journée en enfer

Départ à 7h30 de Los Polques au bord du lac Chalviri, alors que les 4*4 débarquent déjà en masse pour leur bain thermal du matin. Ils arrivent tous du nord et passés 9h il n’y a plus grand monde. La piste est très bonne, nous progressons lentement mais sûrement. En pleine montée notre GPS indique 4807 mètres d’altitude ; nous n’avons jamais gravi le sommet français et voilà qu’un nouveau projet s’ajoute sur notre bucket list.  Émus, nos pensées s’envolent vers notre famille et nos amis habitants l’Hexagone. La journée est courte pour le programme prévu, aussi reprenons-nous vite la route. Nous avons pris le risque de n’embarquer qu’un jour d’eau, devons donc impérativement franchir le col, redescendre jusqu’à la Laguna Colorada, la longer sur cinq km, puis choisir entre deux options : poursuivre sur 11km jusqu’au refuge de l’autre côté du lac, ou dévier de notre trace sur deux km pour atteindre le hameau de Huayajára, logé au pied du volcan. La première option est plus stratégique, nous maintient sur notre axe et nous place bien pour la journée suivante où la même problématique se posera : tracer en un jour à l’hostel del Desierto, ou bivouaquer avant, impliquant de transporter 10 litres d’eau supplémentaires, et autant de kilos. Juste avant le col un autre choix se pose : dévier ou non sur une mauvaise piste pour admirer les geysers de Sol de Mañana. Le temps joue contre nous et nous avons déjà vu les geysers de Tatio au Chili, pourtant j’insiste sur les conseils d’autres blogueurs cyclo-voyageurs passés par là avant nous.

En arrivant nous percevons les fumerolles qui jaillissent d’une terre sableuse jaunâtre déformée en cratères. Elles dégagent une sensation de puissance, crachant leur fumée par à-coups à forte pression sous la résistance de la croûte terrestre. Une forte odeur de soufre envahit douloureusement mes petits poumons d’asthmatique. Stupéfait par ce spectacle je pose ma bécane pour enregistrer quelques plans vidéos. Au fond de chaque cratère flotte une boue grise épaisse, qui bout littéralement. Paysage lunaire. Nous sommes les seuls sur le site et aucune barrière ne nous retient. Approche à pas de loups. Nous nous frayons un chemin parmi les trous de ce gruyère explosif. Prudence tout de même, une touriste est morte l’an dernier aux geysers de Tatio en regardant d’un peu trop près une fumerolle. Les cratères sont bien visibles mais de petits trous ici et là sifflent un petit cri strident, saccadé, interrompu par de lourds craquements inquiétants et des bouffées de fumées toxiques. Nous marchons sur une bombe.

Passée l’exaltation nous nous réfugions dans un mini château fort pour une courte pause déjeuner à l’abri du vent. Les 4800 mètres d’altitude dissuadent d’y passer la nuit. Hélas les vigognes et les hommes sont passés par là et y défèquent, à l’abri du vent pour les premiers, des regards pour les seconds.

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Castelito à Sol de mañana

Notre thé et notre avoine avalés nous renfourchons à 14h, déjà bien tard nous en avons conscience. La piste est maintenant difficile. Tôle ondulée, sable épais et pierres ralentissent nos roues. La piste principale rejointe nous marquons une micro pause pour être efficients : Noémie enregistre les waypoints pour la cartographie alors que je remets un coup de pompe dans sa chambre à air arrière. À droite le col, à gauche la frontière chilienne. Tout droit, notre futur immédiat. La route est rude mais nous parvenons bon gré mal gré à rouler en maintenant nos roues sur les meilleures traces, celles les plus empruntées par les 4*4. Atteindre le Cerro Pabellón  nous prend deux heures, avant d’entamer la vraie descente. La vue surplombant la laguna Colorada est magique, et bien que pressés on s’arrête pour tirer quelques clichés. Au pied de la lagune, à la bifurcation, nous croisons le dernier 4*4. Le soleil est bien bas. Bien trop pour nous permettre de rejoindre le refuge de jour. Comme d’habitude dans ces situations stressantes, Noémie décuple ses forces et je n’arrive plus à la suivre. Je ne sais où elle puise ses ressources. Elle m’éblouit chaque jour. Nous prenons à gauche et aussitôt pédalons dans une terre si épaisse que nous devons marcher. Nous cherchons la bonne trace mais chacune est plus molle que l’autre et l’on s’enlise inexorablement. J’enrage, ce n’est vraiment pas le moment. Cinquante mètres plus loin nous reprenons le pédalier avec peine mais chaque tour de roue exige de forcer. Impression de rouler les deux pneus crevés. Tôle ondulée et sable s’associent pour nous rendre la tâche plus difficile. Le soleil a disparu derrière le volcan et le froid s’empare de nous. Je me retourne pour voir l’ombre monter sur les collines à l’est, de l’autre côté du lac. Le compte à rebours a commencé. Bientôt le rose magnifique inonde la vallée mais cette fois nous sommes loin d’une soirée romantique, des belles lumières à immortaliser sur pellicule photo. Nous le savons tous les deux, il nous reste trente minutes de lumière. Nous passons la bifurcation pour Huayajára, et je fais le mauvais choix : celui de poursuivre, sachant bien que nous devrons pédaler de nuit. Je compte sur les indications d’une bikeuse qui commentait avec précisions le mini guide référent pour le sud Lipez. Jusqu’ici toutes ses indications, qui datent de l’an dernier, se sont avérées justes. Elle annonce que les 11km à venir sont toujours cyclables et même plutôt bons, voire parfois confortables. Pourquoi ne pas la suivre cette fois-ci encore ? Pourtant jusqu’au bout nous n’aurons droit qu’au sable et à la tôle ondulée. Il faut avouer que de nuit choisir la bonne trace est loin d’être évident. Et elle a franchi cette portion au petit matin, après une bonne nuit de repos. Nous sommes exténués après déjà 9h de vélos, et l’anxiété dans la nuit s’y met pour rendre ce final très désagréable. Nous regretterons ce choix risqué tant nous devrons puiser dans nos ressources physiques, mais plus que tout mentales, émotionnelles et psychologiques. Les angoisses de Noémie la prennent en otage et passée une violente crise elle parviendra à retrouver confiance, à sentir l’endroit immobile en elle, où nulle peur ne pénètre jamais. Jamais je ne l’ai vue se dépasser comme elle l’a fait aujourd’hui. Je suis fier d’elle, et j’ai mal de l’avoir malmenée par ce choix du risque. Elle m’a suivie pour ne pas me décevoir. Elle n’a pas conscience de l’admiration que j’éprouve pour elle. La prudence, de mise dans ce contexte, aurait dû être requise à cette heure tardive. Nous gémissons de douleur chaque fois que, déstabilisés par un sable plus épais, nous tombons sur le côté et devons rattraper le guidon alourdi par les sacs suspendus, la roue avant décollée du sol. Nous pleurons tous les deux. La température chute, nous enfilons notre doudoune, nos bonnets, allumons notre lampe frontale. Et nous continuons coûte que coûte. Il n’y aucune autre possibilité, aucune alternative. Nous comptons les kilomètres, et finalement apercevons une vague lumière lointaine : le refuge de Laguna Colorada. L’espoir renaît.

Sud lipez

Pédaler dans la semoule et sur la tôle ondulée, ça crève !

Jour 5 : Le repos du guerrier

Nous dormons jusqu’à 10h le lendemain et nous réveillons couverts de courbatures, de douleurs un peu partout, et le moral atteint. Hier nous nous sommes faits vraiment peur, et nous promettons de ne plus s’y faire prendre.

La journée de repos s’impose. Le gérant de l’auberge est particulièrement malhonnête et désagréable avec nous, aussi changeons-nous de lieu le lendemain. Un guide, patron de l’hôtel Los Flamencos où nous ferons halte dans deux jours, nous offre les restes du déjeuner laissé par ses clients : des légumes vinaigrés, un demi avocat et du fromage frais. un régal. Il est vivement intéressé par les critiques que nous avons sur son établissement, haut de gamme pour la région (c’est-à-dire avec l’électricité et des chambres avec salle de bain privative). En nous quittant il nous laisse deux bouteilles minérale et un coca. Après avoir déménagés dans l’auberge voisine, le dîner en compagnie de français en vacances nous requinque autant que la soupe et les spaghettis, et après une seconde nuit de récupération nous repartons sur les pistes du sud Lipez gonflés d’une énergie nouvelle.

Sud lipez

Crépuscule à la Laguna Colorada (non retouché !)

Jour 6 : Le vent se lève dans le désert

Au matin du sixième jour nous sommes prêts en temps et en heure. Nous avons négocié la nuit pour deux dans la chambre habituellement réservée aux camionneurs pour cinquante bolivianos, incluant dîner et petit déjeuner. A 7h nous pédalons sur la côte légère menant à l’arbre de pierre 18 km plus loin. Un petit vent nord-ouest souffle déjà. La piste est irrégulière, sable et tôle ondulée comme toujours. Le vent s’accélère, nous le prenons en pleine face, et je confirme qu’il n’a rien a envier à celui de Patagonie. Nous poussons beaucoup, c’est exténuant. Selon notre bikeuse passée par là l’an dernier, qui a fournit un feedback détaillé, ajustant le guide qui date maintenant d’il y a sept ans, cette section réputée difficile ne l’est plus. Il n’y a quasiment plus besoin de pousser et, sans être en fatbike, elle a enchaîné une très longue journée jusqu’à l’hôtel del Desierto, évitant ainsi d’emporter deux jours d’eau. Avec un vent dominant sud-ouest je suis persuadé que ça passerait tranquillement, et je suppose que ce fut son cas.

Pour nous hélas, le terrible vent de nord-ouest nous freine et nous chancelle tant que nous sommes réduits à marcher la moitié du chemin. Nous mettons 5h à parcourir les 18km jusqu’à l’arbre de pierre, formation rocheuse originale sculptée par le vent. Nous sommes éreintés. Pour ne rien arranger, la fermeture éclair de ma veste Goretex pro fait des siennes et je ne peux plus la fermer. Le vent s’engouffre dans ma doudoune et dissipe ma chaleur corporelle. Je dirais bien deux mots au vendeur du magasin Expé qui m’a refilé sa camelote pour seulement 250€. Sans mon précieux coupe-vent je me mets réellement en danger car les nuits à -15°C exigent de se protéger sous peine d’hypothermie. Pour l’instant je perds beaucoup d’énergie et la sensation de froid ne me quitte pas depuis ce matin. Vue notre vitesse il est trivial que nous ne rejoindrons pas l’Hôtel del Desierto aujourd’hui. Or nous n’avons que cinq litres d’eau pour deux.

J’inspecte les lieux et déniche derrière un abri de pierre deux réservoirs d’eau douce. Le premier une fois ouvert laisse apparaître un couche épaisse de moisissure jaune-verdâtre. Je referme le couvercle avec la nausée, préférant encore la déshydratation. Le second contient une eau claire, avec une fine couche de dépôt à sa surface. Je retrousse mes manches et plonge notre bidon de six litres en profondeur pour éviter d’absorber l’eau de surface. Avant de revenir congelé sous la roche qui nous sert d’abri. Noémie tente de faire marcher notre panneau solaire qui souffre d’un mauvais contact. Il faut recharger le GPS en priorité pour assurer notre tracé.

Sud lipez

Arbol de Piedra

Nous repartons sur une piste plutôt bonne et sans pente mais le vent s’intensifie encore et nous poussons de plus belle. Étendue désertique, étoffée à l’est par des formations rocheuses volcaniques. 10 km plus loin notre salut apparaît : une maison abandonnée. Il ne reste que les murs à hauteur d’épaule mais ça fera bien l’affaire. Nous montons la tente et consolidons le mur, obstruant la fenêtre pour se protéger du vent. Frigorifiés on se réfugie sous notre toile et réparons ma veste. Noémie pompe l’eau douteuse collectée plus tôt. Toute la soirée car là encore notre matériel fait défaut. Le filtre MSR censé être très performant régurgite l’eau aspirée au lieu de la pressuriser vers la sortie. Noémie y passe des heures, avec la patience que je n’ai pas. J’enrage de tous ces défauts matériels sur des produits censés être haut de gamme. Maintenant plus que jamais nous avons besoin de cet équipement pour nous maintenir en forme, là où l’hostilité du milieu que nous traversons laisse peu de place au hasard, et peu de marge d’erreur sans conséquence sinistre.

La nuit est glaciale. Je dors entièrement habillé avec tous mes accessoires froids, bonnet, buff, doudoune. Pourtant je ne parviens pas à me réchauffer. Allongé sur le côté mon grand trochanter crée un point de pression trop grand sur le matelas de sol gonflable Thermarest, que j’ai déjà réparé trois fois pour crevaison. Le froid entre immédiatement par ce point faible aussi je me retourne sur le dos. Dans mon duvet je ne suis pas seul. J’y ajoute mes vêtements du lendemain et tous les appareils électriques  pour préserver leur batterie du froid. Au petit matin toute l’eau est gelée et la Gopro ne s’allume pas malgré nos précautions. Passée l’expérience du renard à Laguna Blanca, nous rangeons toute la nourriture dans la tente au premier bruit de pas autour des ruines qui nous servent d’abri. Les empruntes laissées dans le sable trahissent le passage d’une vigogne. Nous buvons un thé avec l’unique bidon laissé dans la tente. Toute manipulation extérieure est douloureuse et, à nouveau, nous gémissons de douleur pour paqueter.

Jour 7 : Luxe et volupté

Ce matin le vent est absent et la piste agréable. Mais ce dernier se lève vers 10h, et comme hier, il souffle depuis le nord-ouest. L’hôtel del Desierto apparait au loin tel un mirage. C’est le premier établissement au standing haut de gamme que nous croisons. En plein désert, il vous garantit chaleur, bon repas, électricité, douche chaude privative dans chaque chambre. Classique dans d’autres circonstances ces délicatesses deviennent un privilège rare au milieu de nulle part. Jusque là nous avions négocié ferme notre logement et nos repas. Nous demandons à récupérer l’excédent de nourriture préparée pour les autres touristes qui voyagent en tours organisés : 4*4, guides, prestations tout-inclus. Hier nous dormions pour 50 Bolivianos avec deux repas inclus, économique. Aujourd’hui la nuitée est à 150 $ américains ! Comme d’habitude nous y allons au culot :

On pourrait poser la tente ou notre matelas quelque part à l’abri du vent pour la nuit s’il vous plait ?

Posez la tente derrière la maison des employés. Pour un lit, c’est 24 $US par personne dans le bâtiment réservé au personnel.

Et dans la remise ?

Une demi-heure plus tard nous prenons une douche chaude, nous installons dans la remise où nous repérons d’avance des matelas et des couvertures puis retournons au salon pour profiter du confort et de l’électricité. Alors qu’on s’apprête à faire chauffer une soupe aux nouilles déshydratées, nous sommes invités à nous asseoir et deux assiettes sont posées devant nous. Comme souvent l’aide et la générosité viennent spontanément à nous. Le restaurant est vide et rien que pour nous. Les touristes sont tous en excursion et ne reviendront qu’à la nuit tombée. On profite de la baie vitrée et son effet de serre pour trier au chaud nos vidéos et photos prises depuis sept jours. À travers la vitre on entend le vent souffler et faire trembler les murs, et nous sommes là, apaisés.

Les conditions climatiques ont fait souffrir notre ordinateur qui supprime sans prévenir la totalité de nos vidéos depuis le départ de San Pedro de Atacama. Désastre. Nous y avons collecté 80 vidéos,  des témoignages, des dédicaces, des défis, des prises de vues embarquées. Nous sommes désolés. Tous ces efforts et ces attentions sont perdues. Peut-être le vécu ne se remplace-t-il pas ?

Au même moment les premiers 4*4 arrivent. Un homme d’âge mûr s’installe à la table voisine et nous souhaite le bonjour. Geert est belge et nous conversons en français. Quelques minutes plus tard nous sommes invités à dîner. Deux heures plus tôt on nous proposait de nous installer en tente à l’abri relatif du vent. Finalement nous dormons dans une pièce bien fermée, sur un matelas, avec couvertures, oreillers, eau chaude et électricité ! Nous allons pouvoir regarder un film ce soir. Nous pensions manger des nouilles chinoises et le personnel nous offre le déjeuner. Puis un couple de Belges en vacances vivant à Lima nous convie à leur tenir compagnie pour dîner. Quelle évolution en deux heures ! Cette journée est contrastée, commencée dans le froid intense et la douleur d’une piste difficile. L’arrivée à l’hôtel sera d’abord gratifiante, puis la perte d’une semaine de prises vidéos nous minera le moral, et finalement cette rencontre agréable de Geert et Natalia.

Je repense à Santiago où nous avions subi le vol catastrophique matériellement, financièrement et moralement, et simultanément vécu une de nos plus belles rencontres chez Xandra et Diego. La vie est contrastée. Elle a du goût. Je l’aime.

Une dernière tisane rituelle et réhydratante avant de dormir et nous nous couchons. Le silence règne, pourtant la matière grise fonctionne encore. Je ne peux m’empêcher de penser à ma chaîne en sursis. En révisant les vélos, je nettoie la chaîne de la poussière accumulée et réalise que le bloqueur de mon maillon semi-rapide n’est plus là ! Il tient désormais par le saint-esprit, et par la tension longitudinale exercée sur la chaîne. Entre la tôle ondulée et les vibrations j’ai de quoi être inquiet. Si ma chaîne casse, c’est l’abandon, nous n’en avons pas de rechange. Je me projette dans la situation catastrophe, le froid, le vent, à chercher une pièce de métal d’un centimètre de long disparue dans trente centimètres de terre poudreuse. Je ne trouve pas de solution. Alors que je me grille les neurones en cherchant le maillon manquant de la chaîne, les cellules gliales de Noémie ne sont pas en reste. Pensant qu’elle dormait, elle se redresse sans un étirement, allume l’ordinateur et tente de retrouver nos photos perdues. Nous sommes très loin d’être des geeks, mais notre besoin de communiquer avec notre boîte à octets est si impérieux que nous sommes prêts à apprendre le chinois s’il le faut ! Noémie déniche une trace de nos vidéos sur la carte SD effacée dans un format compressé et de très mauvaise qualité. L’espoir renaît encore une fois.

 

La suite de notre traversée du Sud lipez en Bolivie au prochain épisode !

11 Commentaires

  1. 9 novembre 2016    

    Hey Thésée,
    Ca fait tellement de BIEN de voir ces photos et de lire ton récit !
    Cette petite tente dans l’Immensité !

    Merci beaucoup !

    • Asso Labalise's Gravatar Asso Labalise
      14 novembre 2016    

      Salut Vlad !
      Je ne savais pas que tu suivais notre blog. Ca me fait bien plaisir !
      Si nos photos et nos histoires te font du bien, c’est bien ce qui nous importe.
      Merci à toi !
      A bientôt,
      Thésée et Noémie

  2. Damien's Gravatar Damien
    9 novembre 2016    

    Félicitation. Je vous admire. J avais voulu faire aussi le sud Lipez à vélo quand j étais en Bolivie. Mais j avais vite abandonné l idée pour le faire en 4×4. En tout cas c est un bonheur de vous lire et j ai hâte d avoir la suite

    • Asso Labalise's Gravatar Asso Labalise
      14 novembre 2016    

      Salut Damien ! Tu es qui ?? On connait tellement de Damien qu’on s’y perd ! 🙂
      En 4*4 c’est déjà l’aventure de voir toutes ces lagunes colorées en plein désert, nous le conseillons à tout le monde !
      bises

  3. Blondel's Gravatar Blondel
    9 novembre 2016    

    Bonsoir à vous deux,vous êtes des surhumains attention à votre santé,j’attend impatiemment la suite de votre périple.Soyez prudents bon vent et à bientôt de vous lire.

    • Asso Labalise's Gravatar Asso Labalise
      14 novembre 2016    

      Merci Janick ! Comme toujours tu es rendez-vous pour nous apporter ton soutien par tes commentaires chaleureux. On t’embrasse depuis le Pérou.

  4. Tailleur Estelle's Gravatar Tailleur Estelle
    9 novembre 2016    

    Une fois de plus, vous me faites rêver… J’admire votre courage, votre résistance et votre mental d’acier!!! Quelle aventure!!!
    J’attends le prochain épisode avec impatience!!

    • Asso Labalise's Gravatar Asso Labalise
      14 novembre 2016    

      Merci Estelle ! Cette étape fut vraiment un tournant dans notre vie de cyclistes voyageurs. On a l’impression d’être « des grands » maintenant 😉 Suite et fin de la traversée du désert dans deux jours ! bisous

  5. 10 novembre 2016    

    Merci pour ces fabuleux souvenirs qui nous tiennent en haleine ! Je ressens avec vous le froid, la soif, le vent et même le manque d’oxygène…je pense fort à vous deux, prenez soin de vous mes amours

  6. 12 novembre 2016    

    Eh bien moi j’ai un commentaire : j’ai lu votre récit et j’étais tellement dedans que j’ai eu les émotions concomitantes à chacun de vos mouvements – vos déboires, nombreux qui m’ont fait pleurer, vos joies extrèmes, qui m’ont fait pleurer aussi : les abris de fortune, la lueur d’une maison au loin, les repas comme des cadeaux du ciel, et j’en passe… Thésée, tu es un merveilleux conteur. Vous êtes fous quand même, vous m’angoissez. C’est sûr, vous êtes des aventuriers! J’espère que ce Sud Lipez est derrière vous maintenant.

    • Asso Labalise's Gravatar Asso Labalise
      14 novembre 2016    

      Merci Brigitte, ça fait bien plaisir de te lire ! Je constate que bien qu’angoissée, tu t’habitues à voir ta fille dans ces situations périlleuses ! Nous prenons soin l’un de l’autre, ne t’en fais pas ! Le Sud Lipez est bien derrière nous, depuis on s’est remis sur pattes avec la famille et les amis venus nous voir (tu as eu un avant goût avec la jungle amazonienne en photos, d’autres publications à venir…) On arrive à bout de la Great Divide au Pérou, une autre route mythique pour bikers et tout autant difficile, bien que plus habitée. Encore 6 jours de vélos pour rejoindre Huaraz, nous profitons ici à Oyon de notre dernier jour de repos ! C’est moi qui trinque physiquement cette fois, et Noémie est là pour prendre soin de moi.
      A très bientôt ! On t’embrasse fort !

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